Autorisations pour reprendre un commerce en Suisse

En Suisse, le droit d’exploiter un commerce relève souvent du canton, parfois de la commune. Il ne se « vend » pas avec le fonds comme un meuble : le successeur doit en général obtenir ses propres autorisations.

Mise à jour : 17 août 2026

Le principe à retenir

Acheter un fonds de commerce, c’est reprendre une activité, du matériel, souvent un bail, pas un « pack » d’autorisations déjà à votre nom. En droit suisse, beaucoup de titres d’exploitation sont personnels, liés à l’exploitant ou à l’établissement, et soumis à des conditions (formation, local, horaires, voisinage).

Le fédéralisme ajoute une difficulté pratique : la Confédération pose certains cadres, les cantons exécutent et précisent, les communes règlent la voirie, l’enseigne ou le bruit. Genève n’applique pas les mêmes formulaires ni les mêmes délais que Vaud, le Valais ou Fribourg.

Repères de répartition. La compétence exacte se vérifie toujours auprès de l’autorité du lieu.
Niveau Exemples fréquents
Confédération Cadre général (notamment denrées alimentaires) ; l’exécution reste en principe cantonale.
Canton Hygiène des denrées, formation du responsable, débit de boissons, certaines professions réglementées, police sanitaire.
Commune Terrasse et occupation du domaine public, enseigne, horaires, bruit, police des constructions pour certains aménagements.

Cette page est un aide-mémoire. Elle ne recense pas toutes les lois et n’a pas valeur de conseil juridique. Seules les autorités du lieu d’exploitation et votre conseil établissent la liste opposable au dossier.

Calendrier avant la reprise

Les autorisations se traitent en parallèle du bail et du prix du fonds. Si la date de remise est fixée trop tôt, vous risquez d’avoir les clés sans pouvoir ouvrir.

  1. Inventoriez ce que le publicateur dit détenir (denrées, débit, terrasse, enseigne, autres).
  2. Demandez copies, dates d’échéance et, le cas échéant, le nom du titulaire (personne physique ou morale).
  3. Identifiez le service cantonal et le service communal compétents pour ce local et cette activité.
  4. Demandez les délais et pièces (casier, formation, plans, bail, extraits).
  5. Ne signez une reprise ferme qu’avec une marge réaliste, ou une condition suspensive claire, relue par un professionnel.

Restauration, denrées et débit de boissons

Un café, un restaurant, une brasserie, un bar ou un tea-room combine souvent plusieurs régimes : locaux et hygiène, responsable formé, éventuellement autorisation de débiter l’alcool, parfois terrasse. Les intitulés (« patente », « autorisation d’exploiter », « licence ») varient selon les cantons ; le fond, lui, reste le même : vous devez être en règle à votre nom.

Thème À vérifier
Denrées alimentaires Établissement connu du service cantonal, locaux adaptés, responsable désigné et formé le cas échéant.
Débit de boissons Autorisation requise ou non, horaires, type de débit, titulaire actuel.
Terrasse / voirie Permis communal, saisonnalité, emprise, renouvellement à votre nom.
Horaires et voisinage Fermeture, musique, livraisons ; souvent le règlement communal ou le bail.

Anticipez aussi la cuisine : hotte, graisses, accessibilité, travaux de mise aux normes. Ces points relèvent à la fois du bail, de la police des constructions et des règles sanitaires.

Métiers réglementés

Certaines activités, dont la coiffure (l’exemple le plus fréquent sur Fondzy.ch), exigent un titre professionnel reconnu, une inscription ou des assurances particulières. Reprendre le salon, les fauteuils et la clientèle ne dispense pas le successeur de remplir les conditions d’exercice.

  • Vérifiez diplômes, reconnaissances et, le cas échéant, l’obligation d’exploiter en personne ou sous la responsabilité d’un titulaire.
  • Distinguez ce qui est dû au canton de ce qui relève d’une association professionnelle ou d’un assureur.
  • Si l’exploitant actuel est une personne morale, confirmez qui est le responsable déclaré et ce qui change à la cession des parts ou du fonds.

Enseignes, terrasses et domaine public

L’enseigne, les tables en voirie et une partie des horaires tardifs relèvent souvent du règlement communal. Un fonds présenté « avec terrasse » n’a de valeur pour vous que si l’autorisation est transférable ou renouvelable à votre nom, dans des conditions comparables (emprise, saison, redevance).

Le même raisonnement vaut pour une vitrine, un store ou un éclairage soumis à autorisation. Un refus ou un délai après la reprise peut réduire le chiffre d’affaires que le publicateur a affiché.

Hôtellerie et hébergement

Un hôtel, une auberge ou une pension superpose souvent plusieurs régimes : hébergement, sécurité incendie, accessibilité, parfois restauration et débit. Le classement touristique, s’il existe, n’est pas le même acte que l’autorisation d’exploiter. Confirmez auprès des autorités du lieu (police du bâtiment, service du tourisme, service des denrées si un restaurant est intégré).

Ce que vous voyez sur Fondzy.ch

Les fiches sont rédigées par leur publicateur. Une mention de licence, de terrasse ou de « tout en règle » n’est pas un certificat délivré par Fondzy. Fondzy n’est pas partie à la cession et n’instruit pas le dossier auprès du canton ou de la commune.

  • Demandez au publicateur les copies et les échéances, par écrit.
  • Croisez avec le bail (destination des locaux, travaux, enseigne).
  • Faites relire le calendrier par un professionnel avant une offre ferme.

Questions fréquentes

Les autorisations du vendeur me sont-elles transférées ?

En règle générale, non, ou seulement après une nouvelle demande à votre nom. Beaucoup d’autorisations sont personnelles ou liées à l’exploitant. Prévoyez le calendrier avec la commune et le canton avant la date de reprise.

Qui délivre quoi : canton ou commune ?

Cela dépend de l’activité et du lieu. Le cadre fédéral (par exemple les denrées alimentaires) est souvent exécuté par le canton ; la terrasse, l’enseigne, le bruit et la voirie relèvent fréquemment de la commune. Seul le service compétent du lieu d’exploitation vous donne la liste opposable.

Un fonds « avec terrasse » ou « avec patente » est-il déjà en règle pour moi ?

Pas automatiquement. Ces mentions décrivent l’exploitation actuelle du publicateur. La valeur pour vous dépend du renouvellement, du transfert ou d’une nouvelle autorisation à votre nom, dans les délais et aux conditions du lieu.

Fondzy.ch vérifie-t-il les licences d’une annonce ?

Non. Fondzy n’instruit pas le dossier administratif. Les informations d’une fiche sont fournies par le publicateur. Confirmez-les auprès des autorités et de votre conseil avant de vous engager.

Quand faut-il s’occuper des autorisations ?

Dès que le local et l’activité sont identifiés, et en tout cas avant de fixer une date de reprise ferme. Les délais varient fortement d’un canton à l’autre ; un oubli peut empêcher d’ouvrir le jour J.