Reprendre un restaurant ou un café en Suisse

Une belle recette sur une fiche, ce n’est pas encore un restaurant. Ce qui compte, c’est la rue, le bail, les licences, la cuisine et les gens qui tiennent la salle, pas le seul chiffre d’affaires affiché.

Mise à jour : 17 août 2026

Dans l’assiette et à côté de l’assiette

Reprendre un restaurant, un café ou une brasserie, c’est reprendre une activité : des tables, une cuisine, une carte, des fournisseurs, des horaires, parfois des habitués, parfois une terrasse. Ce n’est pas, en principe, le bâtiment. Ce n’est pas non plus un coffret « toutes licences déjà à votre nom ». En Suisse, ce qui passe à l’acheteur, c’est ce que le contrat énumère, pas ce que la vitrine suggère.

Le mot « fonds » ne remplace pas une liste. Demandez la liste.
Souvent dans la discussion À verrouiller à part
Salle et cuisine, si l’inventaire le dit Le bail : oui du bailleur, par écrit
Stocks et cave, à une date d’inventaire Denrées, débit, terrasse, enseigne : à votre nom
L’organisation, les fournisseurs, parfois l’enseigne Les murs, si vous les achetez : notaire et registre foncier
L’équipe, si les contrats suivent Hotte, graisses, accessibilité : bail et commune

Fondzy n’est ni votre avocat ni votre fiduciaire. Ce guide pose les questions utiles ; le dossier se relit avec des professionnels du canton où vous ouvrirez.

La même enseigne, trois métiers différents

Un café de quartier, une brasserie de gare, un resto de station ou une salle en vieille ville n’ont ni le même loyer, ni les mêmes soirs, ni les mêmes vacances. « 40 couverts » sans taux d’occupation, sans ticket moyen, sans part salle / à emporter / livraison, c’est une photo, pas un métier.

  • Qui pousse la porte : voisins, bureaux, touristes, étudiants, correspondances ?
  • Quand la caisse sonne : midi en semaine, week-end, juillet, saison de ski ?
  • Ce que la rue voit : enseigne, terrasse, ombre, chantier de tramway au printemps.
  • Ce que les voisins (et la PPE) acceptent : frites, musique, camion de livraison à 6 h.

Sans bail, le service n’ouvre pas

Vous pouvez adorer la carte : sans local, vous n’avez pas de restaurant. Pour un resto, le bail se lit comme une fiche technique. Destination « restauration » (pas seulement « commerce »), hotte et extractions, état de sortie de la cuisine, terrasse dans le contrat ou simplement « on a toujours mis des tables ». Le mode d’emploi est dans notre guide bail commercial.

  • Loyer + charges en % du CA, pas seulement en francs par mois.
  • Garantie de loyer : de la trésorerie en plus du prix du fonds, comme un dépôt de garantie, en plus salé.
  • Où en est la régie, par écrit. Un « le proprio est d’accord » au téléphone ne tient pas une reprise.

Patentes, terrasses et autres plats du canton

Un établissement, plusieurs assiettes réglementaires. Les denrées : cadre fédéral, cuisine cantonale. Le débit, le responsable formé, souvent les horaires : encore le canton. La terrasse, l’enseigne, le bruit : souvent la commune. Genève, Vaud et le Valais n’ont ni les mêmes formulaires ni la même patience. Les papiers du vendeur ne deviennent pas magiquement les vôtres.

Le plat La question qui évite la crampe
Denrées Le service cantonal connaît-il la maison ? Qui est le responsable formé ?
Débit Quelle autorisation, quels horaires, au nom de qui (vous, une Sàrl) ?
Terrasse Permis communal, mètres, saison, redevance, et renouvellement à votre nom ?
Cuisine Hotte, graisses, accès : travaux restants, et qui sort le chéquier ?
Voisinage Fermeture, musique, livraisons : bail, commune, parfois le règlement de PPE.

« Tout en règle » ou « avec patente » sur une fiche Fondzy, c’est le portrait du publicateur aujourd’hui, pas un tampon Fondzy. Les délais d’autorisation aiment arriver après la date de reprise trop optimiste. Notre guide autorisations pose le calendrier.

Le four, la cave, et ce qui n’est pas à vendre

Le prix n’a de goût que si vous savez ce qu’il achète. Un four mixte en leasing n’est pas un cadeau du cédant. Une cave « au prix d’achat » n’est pas de l’argent en caisse. Les salades du frigo se valorisent à une date d’inventaire, pas à l’œil le jour de la visite.

Poste À faire écrire
Dans le prix Salle, cuisine, cave, caisse, nom, ou seulement une partie.
Chez quelqu’un d’autre Leasing, réserve de propriété, matériel du bailleur.
État Âge, panne qui attend, mises aux normes encore à chiffrer.
Stocks Denrées, boissons, consignes ; méthode et date.
Le numérique Caisse, réservations, comptes de livraison, nom de domaine.

Les chiffres qui ont bon goût et les autres

Un mois de juillet record, un « CA d’habitude » ou un ticket moyen annoncé sur la nappe ne font pas un dossier. Demandez plusieurs années, la saison, et ce qui part avec le cédant : le réseau, le sourire en salle, la carte que le chef emporte.

Indicateur Pourquoi ça pique en restauration
Nourriture / boissons Ni les mêmes marges, ni les mêmes licences.
Loyer et charges / CA Un « bel emplacement » peut manger le fonds tout cru.
Salaires Brigade, 13e, vacances, heures, charges : le plat le plus lourd.
Saison Touristes, bureaux, terrasse d’août : une année n’est pas un samedi au soleil.
Livraison / à emporter Part du CA, commissions, et si la plateforme coupe le robinet.
Tendance Ça monte, ça stagne, ça glisse ? Un chantier, un concurrent, une rue qui change.

Gardez du souffle après la reprise : premier loyer, garantie, salaires, premier stock. Beaucoup de maisons tombent faute de caisse, pas faute de recette.

La brigade, c’est le vrai secret de la maison

En Suisse, reprendre l’activité peut vouloir dire reprendre les contrats. Faites dire l’effectif, les taux, les permis, l’ancienneté, la convention de l’hôtellerie-restauration si elle s’applique, les absences, les accrochages. Puis séparez ceux sans qui ça ne tourne pas (chef, responsable de salle) de ceux que l’on peut remplacer, sur le papier, pas dans le rush du vendredi.

  • Qui est là le jour J, à quel salaire, avec quelles vacances et quel 13e dans les comptes.
  • Horaires réels contre horaires affichés : le droit du travail ne se règle pas « entre nous » sur un coin de table.
  • « Le cédant reste trois mois pour aider » : rôle, dates, rémunération, par écrit. Sinon ce n’est qu’une intention généreuse.

Sur Fondzy, on affiche, vous cuisinez le dossier

La catégorie Restaurant / café rassemble les fiches. Bars et pubs, boulangeries et tea-rooms ont les leurs : comptoir, fournil ou salle, ce n’est pas le même mix, ni les mêmes papiers. Une page « resto × canton » n’apparaît que s’il y a au moins une annonce en ligne pour ce couple.

Chaque fiche est écrite par son publicateur. Fondzy ne visite pas la cuisine, n’estime pas le fonds et ne téléphone pas au bailleur. Si le formulaire de contact est ouvert, vous demandez les coordonnées par e-mail ; ensuite, visites, pièces et offre se passent hors site, là où ça se joue vraiment.

Questions fréquentes

La patente arrive-t-elle avec les clés ?

Presque jamais. Denrées et débit sont en général à votre nom, pas dans le carton du vendeur. Les mots changent d’un canton à l’autre (« patente », « licence », « autorisation ») ; le calendrier, lui, ne pardonne pas. Prévoyez-le avant le jour J.

« Avec terrasse » sur l’annonce, ça veut dire que c’est la mienne ?

Ça décrit souvent l’été du publicateur, pas le vôtre. Terrasse = souvent un permis communal (emprise, saison, redevance) plus le bail. Demandez si ça se transfère ou se redemande à votre nom.

Le piano et la machine à café sont dans le prix ?

Seulement s’ils sont écrits dans le contrat. Beaucoup d’engins sont en leasing, nantis, ou restent au bailleur. Inventaire avant l’offre, pas « on verra à la remise des clés ».

Et si le chef s’en va ?

Le CA de la fiche peut tenir sur une personne. En Suisse, la reprise peut emporter des contrats de travail : faites dire qui reste, à quelles conditions. Un fonds sans brigade, c’est une autre affaire, et souvent un autre prix.

Fondzy vérifie-t-il les licences et le loyer ?

Non. Fondzy publie ce que le publicateur a saisi. On ne tamponne ni le bail ni la patente. Croisez avec le bailleur, la commune, le canton, et vos conseils.

Le prix inclut-il les murs ?

Sauf mention claire du contraire, non : vous parlez d’une activité, pas d’un immeuble. Un resto « et murs » se finance autrement. Notre guide fonds et murs démêle les deux.